Taureaux vs Ours : Pourquoi la Bourse ressemble à un safari à haut risque
Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi le monde de la finance ressemble à un documentaire animalier qui aurait mal tourné ? Découvrez l'histoire sauvage, la guerre psychologique et pourquoi votre portefeuille dépend de qui, des cornes ou des griffes, mène la danse.
Le documentaire animalier le plus cher de l'histoire
Imaginez que vous soyez à un dîner en terrasse à Paris et que quelqu'un vous demande si vous êtes « bullish ». À moins que vous ne soyez éleveur dans le Limousin, cela sonne étrangement. Pourtant, dans le monde de l'investissement, ces deux animaux — le Taureau et l'Ours — dictent si vous allez pouvoir vous offrir des vacances sur la Côte d'Azur ou si vous allez devoir passer au régime pâtes-beurre.
Le CAC 40 n'est pas qu'un simple indice boursier ; c'est un écosystème où ces deux mascottes s'affrontent depuis des siècles. Mais pourquoi un taureau et un ours ? Pourquoi pas un caniche et un chat grincheux ?
L'anatomie de l'attaque
Tout repose sur la manière dont ces animaux combattent :
- Le Taureau (Bull) : Quand un taureau attaque, il donne un coup de cornes vers le haut. Il représente un marché haussier où les prix grimpent, et où les investisseurs de la Place de la Bourse se félicitent.
- L'Ours (Bear) : Quand un ours attaque, il donne un coup de patte vers le bas. Il représente un marché baissier où les prix chutent, et où tout le monde préfère ne pas ouvrir son application bancaire.
Le saviez-vous ? Le terme « ours » est en fait plus ancien que celui de « taureau ». Au XVIIIe siècle, les marchands de peaux d'ours vendaient des fourrures qu'ils n'avaient pas encore chassées, espérant que le prix baisserait avant de devoir les acheter aux trappeurs. C'était l'ancêtre de la « vente à découvert » (short sell) — une méthode risquée, mais déjà très pratiquée à l'époque.
La psychologie de la bousculade
L'investissement, c'est 10 % de mathématiques et 90 % d'émotions humaines. Quand le Taureau mène, le « FOMO » (la peur de rater le coche) prend le dessus. On voit l'action LVMH s'envoler et on veut absolument en être. Quand l'Ours prend le pouvoir, c'est le règne du « FUD » (Peur, Incertitude et Doute).
Comme le disait le légendaire Sir John Templeton : « Les marchés haussiers naissent dans le pessimisme, grandissent dans le scepticisme, mûrissent dans l'optimisme et meurent dans l'euphorie. »
Chiffres à l'appui : l'historique de la chasse
Pour comprendre l'ampleur de ces cycles, regardons les données (basées sur le S&P 500, mais applicables à l'esprit européen) :
- Durée : Depuis 1928, un marché haussier dure en moyenne 6,6 ans, alors qu'un marché baissier ne dure que 1,3 an (Source : First Trust / Bloomberg).
- Rendements : Le marché haussier moyen affiche un rendement cumulé d'environ 339 %, tandis que le marché baissier moyen voit une baisse d'environ 36 % (Source : Hartford Funds).
- Fréquence : On dénombre 27 marchés baissiers et 27 marchés haussiers depuis 1928 — ils sont une partie naturelle, bien que stressante, du cycle économique.
- Reprise : Historiquement, 100 % des marchés baissiers ont été suivis d'un marché haussier qui a fini par atteindre de nouveaux sommets historiques (Source : Goldman Sachs).
Briser les mythes du zoo
Mythe n°1 : Un marché baissier signifie la fin du monde.
En réalité, les marchés baissiers sont comme un incendie de forêt. C'est douloureux sur le moment, mais cela nettoie le « bois mort » — les entreprises surévaluées et les bulles spéculatives — laissant la place à une nouvelle croissance saine.
Mythe n°2 : Il faut attendre le retour du Taureau pour investir.
Attendre le « moment parfait », c'est comme attendre que tous les feux soient verts sur 80 km avant de démarrer sa voiture. Quand on se sent enfin « en sécurité » pour investir, on a souvent déjà raté les gains les plus importants.
| Caractéristique | Marché Haussier (Bull) | Marché Baissier (Bear) |
|---|---|---|
| Sentiment de l'investisseur | Optimisme / Cupidité | Pessimisme / Peur |
| Croissance économique | Forte croissance du PIB | Récession potentielle |
| Emploi | Chômage faible | Licenciements en hausse |
| Taux d'intérêt | Souvent en hausse (pour freiner l'inflation) | Souvent en baisse (pour relancer l'économie) |
Une histoire vécue : La grande hibernation
Souvenez-vous de 2008. La crise des subprimes était un Grizzly terrifiant. La panique était totale et les bourses mondiales ont chuté de plus de 50 %. Pourtant, ceux qui n'ont pas cédé à la panique ont bénéficié ensuite du plus long marché haussier de l'histoire, de 2009 à 2020.
Comme le conseille le célèbre Warren Buffett : « Soyez craintif quand les autres sont avides, et soyez avide quand les autres sont craintifs. »
FAQ : Naviguer dans la jungle
Q : Comment savoir si nous sommes officiellement en marché baissier ?
A : La définition standard est une baisse de 20 % par rapport aux derniers sommets d'un indice large. Si la baisse n'est que de 10 %, on appelle cela une « correction » — l'équivalent boursier d'un simple bleu au genou.
Q : Peut-on gagner de l'argent quand l'Ours domine ?
A : Oui, via la vente à découvert ou des produits dérivés, mais c'est extrêmement risqué. Pour la plupart des épargnants, la meilleure stratégie est de continuer à acheter à des prix plus bas — ce qu'on appelle l'investissement programmé (DCA).
Q : Pourquoi y a-t-il une statue de Taureau à Wall Street mais pas d'Ours ?
A : Le « Charging Bull » a été installé comme symbole de la résilience. Bien qu'il n'y ait pas de statue d'ours permanente, celui-ci est toujours présent en esprit, attendant que le Taureau s'essouffle un peu.
À essayer aujourd'hui
Le « Check du Zoo » : Connectez-vous à votre compte d'investissement ou ouvrez une application financière. Identifiez l'animal au pouvoir actuellement. Ne regardez pas seulement le prix du jour, mais la tendance des 6 derniers mois.
Si c'est un Ours, ne fermez pas les yeux ! Listez trois entreprises que vous utilisez au quotidien (votre téléphone, votre luxe préféré comme LVMH, ou votre café). Vérifiez si leur action est « en solde » par rapport à l'année dernière. Comprendre que le « rouge » signifie souvent « promotion » est la première étape pour penser comme un pro.