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Gueule de bois pour Monday.com : Pourquoi le « chouchou » de l'IA dévisse en Bourse

Gueule de bois pour Monday.com : Pourquoi le « chouchou » de l'IA dévisse en Bourse

9 février 2026
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Malgré des résultats supérieurs aux attentes, l'action Monday.com a chuté de plus de 15 %. Entre prudence macroéconomique et craintes d'une cannibalisation par l'IA, décryptage d'un séisme qui secoue le secteur de la Tech.

Ce qu'il s'est passé

Imaginez organiser un grand banquet, servir le meilleur champagne de la région, mais voir vos invités partir avant le dessert parce qu'ils craignent un orage la semaine prochaine. C’est précisément le paradoxe vécu par Monday.com (MNDY) cette semaine.

En apparence, les chiffres sont pourtant étincelants. La pépite du logiciel de gestion de projet a publié un chiffre d'affaires de 251 millions de dollars (environ 237 millions d'euros) pour le troisième trimestre, soit une croissance robuste de 33 % sur un an. Ils ont même relevé leurs prévisions annuelles pour atteindre près d'un milliard de dollars. En temps normal, ce serait un signal d'achat immédiat sur le Nasdaq. Pourtant, le titre a plongé de 15 % dès l'ouverture de la séance.

Le coupable ? Un manque de visibilité. Malgré la croissance, les dirigeants ont évoqué un environnement macroéconomique « instable ». Dans le jargon de la Tech, cela signifie que les clients mettent plus de temps à signer les contrats et que les budgets sont scrutés de près, un peu comme on le voit actuellement sur le CAC 40 où la prudence est de mise face aux incertitudes mondiales.

La crise d'identité face à l'IA

Monday.com est souvent perçu comme le cobaye de la révolution IA. Le raisonnement des investisseurs est simple, voire cynique : si l'intelligence artificielle peut gérer des projets, attribuer des tâches et coder elle-même, avons-nous encore besoin d'un tableau de bord coloré pour le faire ?

La direction tente de contrer ce récit en intégrant l'IA pour automatiser les flux de travail. Cependant, le marché est entré dans une phase de « preuve par l'image ». Alors que LVMH ou d'autres géants européens se demandent comment l'IA va optimiser leur logistique, les investisseurs craignent que les budgets logiciels traditionnels ne soient siphonnés par l'achat massif de puces Nvidia ou de solutions d'IA générative pure.

Comme l'a souligné le directeur financier Eliran Glazer : « Nous continuons de voir un environnement macroéconomique agité ». Ce ton prudent a suffi à faire fuir les investisseurs, craignant que la croissance de 33 % ne soit qu'un dernier pic avant un ralentissement inévitable.

L'essentiel en bref

  • Les chiffres : 251 millions $ de revenus, dépassant les prévisions des analystes (246 millions $).
  • Les prévisions : Objectifs annuels relevés, mais l'écart de performance par rapport aux trimestres précédents se réduit, signalant un essoufflement potentiel.
  • Le facteur IA : Monday.com intègre l'IA agressivement, mais doit prouver qu'elle ne sera pas remplacée par la technologie même qu'elle adopte.
  • Fidélisation : Les clients à forte valeur (plus de 50 000 $ de revenus annuels) ont augmenté de 40 %, une lueur d'espoir dans ce rapport mitigé.

Pourquoi c'est important

Ce n'est pas seulement l'histoire d'une action ; c'est un test de température pour tout le secteur technologique. Après deux ans de « croissance à tout prix », puis de « l'IA à tout prix », nous entrons dans la troisième phase : « Prouvez que l'IA rapporte vraiment ».

Quand un leader comme Monday.com tire la sonnette d'alarme sur la frilosité des entreprises, cela signifie que même les meilleurs outils subissent l'impact des taux d'intérêt élevés et de l'arbitrage budgétaire. Si les entreprises préfèrent acheter des serveurs IA plutôt que des licences pour leurs employés, le monde du SaaS (Software as a Service) pourrait entrer dans un long hiver.

De plus, cette chute de 15 % montre à quel point ces valeurs n'ont aucune marge d'erreur. Quand votre valorisation boursière frôle la perfection, le moindre bégaiement dans le discours suffit à provoquer une vente massive.

Le mot de la fin

Monday.com a prouvé sa capacité de croissance, mais n'a pas réussi à convaincre Wall Street qu'elle était immunisée contre le grand transfert de budget vers l'IA et la nervosité économique qui secoue actuellement l'industrie.