Le pari à 1 000 milliards d'euros de la Silicon Valley : Pourquoi OpenAI et Anthropic brûlent du cash comme à l'époque de la bulle Internet
Alors que les sceptiques se demandent si l'IA générative sera un jour rentable, les géants du secteur doublent la mise avec des valorisations vertigineuses. Décryptage d'une course aux « cerveaux » numériques où les milliards coulent à flots.
Ce qui se passe
Imaginez-vous entrer au Casino de Monte-Carlo, mais ici, la mise minimale s'élève à plusieurs milliards d'euros et la maison n'a pas encore montré le moindre jackpot. C'est exactement l'ambiance qui règne actuellement dans la Silicon Valley. Malgré les interrogations croissantes des analystes qui demandent : « Quand allons-nous enfin monétiser tout cela ? », les deux titans de l'IA — OpenAI et Anthropic — accélèrent pied au plancher.
OpenAI, le créateur de ChatGPT, vise désormais une valorisation qui pourrait grimper jusqu'à 830 milliards de dollars (environ 750 milliards d'euros). Pour donner un ordre de grandeur, c'est presque le double de la capitalisation boursière totale de LVMH, le fleuron du CAC 40. De son côté, Anthropic (le studio derrière Claude) ne compte pas faire de la figuration avec une valorisation cible de 350 milliards de dollars (environ 315 milliards d'euros).
Nous ne parlons plus ici de quelques millions pour louer des serveurs. Ces entreprises lèvent des fonds à une échelle qui suggère qu'elles ne construisent pas de simples logiciels, mais une nouvelle infrastructure pour l'économie mondiale.
Le moment de vérité
Le problème est simple : l'IA coûte une fortune. Il faut des milliers de puces H100 de chez Nvidia (vendues environ 30 000 $ l'unité) et une consommation électrique digne d'une petite nation. Cela pousse certains analystes de la place de Paris et de Wall Street à redouter une bulle similaire à celle de l'an 2000.
Comme l'a récemment souligné un analyste tech de renom : « La question n'est pas de savoir si la technologie est impressionnante — elle l'est — mais si le coût de chaque requête IA sera un jour assez bas pour rendre ces entreprises réellement profitables sur le long terme. »
Pourtant, les investisseurs qui signent ces chèques ne regardent pas les résultats du prochain trimestre. Ils sont terrifiés à l'idée de rater la prochaine révolution industrielle.
L'essentiel en bref
- Des chiffres vertigineux : OpenAI vise les 830 milliards de dollars, tandis qu'Anthropic franchit la barre des 350 milliards.
- Le facteur FOMO : Les investisseurs privilégient les parts de marché et la puissance de calcul au détriment de la rentabilité immédiate.
- Course à l'armement : Il ne s'agit pas seulement de chatbots, mais de posséder les modèles fondateurs sur lesquels toutes les futures entreprises s'appuieront.
- Le taux de combustion : Le coût d'entraînement des modèles croît de manière exponentielle, nécessitant des levées de fonds perpétuelles et massives.
Pourquoi c'est important
Pourquoi devriez-vous vous soucier de ces échanges de milliards entre milliardaires ? Parce que ces valorisations dessinent le futur de votre travail et de vos outils quotidiens. Si OpenAI et Anthropic réussissent, l'IA deviendra aussi omniprésente que l'électricité — intégrée dans chaque tableur Excel, chaque e-mail et chaque consultation médicale.
À l'inverse, si la « bulle de l'IA » éclate, cela pourrait provoquer une correction massive du secteur technologique qui ferait trembler le CAC 40 et vos plans d'épargne en actions (PEA). Nous assistons à un duel à haute tension entre le potentiel technologique et la réalité économique.
Le mot de la fin
OpenAI et Anthropic font un pari combiné de plus de 1 000 milliards de dollars : être le premier à atteindre l'Intelligence Artificielle Générale (AGI) vaut tous les sacrifices, même si le chemin vers les profits reste encore très embrumé.