La nouvelle recette secrète de Tesla : Pourquoi Musk délaisse l'électrique pour les batteries et l'IA
Tesla n'est plus seulement un constructeur automobile : la firme se transforme en un géant de l'énergie et de l'intelligence artificielle. Alors que les ventes de voitures marquent le pas, la division énergie explose, et les investisseurs misent désormais sur un futur robotisé.
Ce qu'il s'est passé
L’empire d’Elon Musk traverse une véritable crise d'identité. Pendant des années, Tesla a été le roi incontesté de la voiture électrique, mais aujourd'hui, le moteur de la croissance semble caler. Entre la concurrence agressive des constructeurs chinois et un essoufflement de la demande mondiale pour les véhicules premium, Tesla a dû changer de braquet, et vite.
Mais voici le coup de théâtre : si les ventes de voitures patinent, l’activité énergétique de Tesla s’envole littéralement. Au cours du dernier trimestre, l'entreprise a déployé un record de 9,4 gigawattheures (GWh) de produits de stockage d'énergie. Pour donner un ordre d'idée, c'est plus du double du trimestre précédent et une progression fulgurante de 157 % sur un an.
Il s'avère que vendre des batteries géantes (le Megapack) pour stabiliser les réseaux électriques devient tout aussi crucial — sinon plus — que de livrer des Model 3. Comme le souligne un analyste : « Le pôle énergie de Tesla est le héros méconnu du bilan comptable en ce moment. »
L'essentiel en bref
- Relais de croissance : Les livraisons de véhicules font face à des vents contraires, mais le stockage d'énergie vient de signer le meilleur trimestre de son histoire.
- Le pari de l'IA : Les investisseurs ne valorisent plus Tesla comme un constructeur traditionnel (à la manière d'un Renault ou d'un Stellantis) ; ils misent sur une firme d'IA et de robotique, portée par les promesses du « Robotaxi ».
- Le cap des 9,4 GWh : Ce bond massif prouve que le pivot de Tesla vers les infrastructures énergétiques est une réalité concrète, pas seulement un effet d'annonce.
- Des marges plus confortables : Le stockage d'énergie offre souvent des marges supérieures à la fabrication automobile, un secteur ultra-concurrentiel, ce qui pourrait préserver la rentabilité du groupe.
Contexte : Bien plus qu'un volant et quatre roues
Imaginez Tesla comme une « Big Tech » qui se trouve avoir des roues. Pendant que le grand public débattait des finitions du Cybertruck, Musk construisait discrètement un écosystème énergétique colossal. Le Megapack et le Powerwall ne sont pas de simples accessoires ; ils sont la colonne vertébrale de la transition énergétique.
Elon Musk lui-même a été très clair lors d'une récente conférence : « L'activité énergie croît nettement plus vite que l'automobile. » Ce n'est pas qu'un simple coup de communication : les chiffres le confirment. En se diversifiant dans l'IA et l'énergie, Tesla se protège des cycles volatils du marché automobile mondial.
Pourquoi c'est important
Pourquoi s'intéresser au fait que Tesla vende des batteries plutôt que des berlines ? Parce que cela change totalement la thèse d'investissement. Si Tesla n'est qu'un constructeur auto, son action est largement surévaluée par rapport aux poids lourds du CAC 40 ou aux géants comme Toyota. En revanche, s'il s'agit d'un fournisseur d'énergie à l'échelle du réseau et d'un leader de l'IA, sa valorisation actuelle (environ 800 milliards de dollars) devient beaucoup plus cohérente.
Pour le consommateur, cela signifie que le futur de Tesla se jouera peut-être moins dans votre garage que dans l'alimentation électrique de votre quartier. C'est aussi le signe d'une mutation profonde de l'économie : la véritable valeur ne réside plus seulement dans le matériel (le « hardware »), mais dans l'infrastructure et l'intelligence logicielle qui le pilote.
Le mot de la fin
Tesla réussit sa mue, passant d'un constructeur automobile chahuté à un titan diversifié de l'énergie et de l'IA. Musk prouve que même quand le marché de l'auto patine, Tesla a encore assez de batterie pour garder la lumière allumée.